Les amis peintres de Gustave de Beaumont

 

Très actif dans la vie artistique de son pays, membre de nombreux jurys et Président de la Société des aquarellistes suisses puis professeur à l’Ecole des Beaux-arts de Genève, Gustave de Beaumont est en relation avec les principaux artistes suisses de son époque ainsi que nous l’apprend l’abondante correspondance qu’il entretient avec eux et qu’il nous a laissée.

 

Son poste à la Société des aquarellistes suisses l’amène à échanger nombres courriers avec les artistes qui adhèrent à l’organisation dont notamment :

Le peintre fondateur de l’Ecole de Savièse Ernest Biéler (1863-1948). Plusieurs de ses lettres nous le montre soucieux des possibilités de vente de ses œuvres - inquiétude partagée également par François Bocion (1828-1890) de Lausanne, peintre du Léman.

Edouard John Ravel (1847-1920). Elève de Menn et d'Alfred van Muyden. Il fait partie de l'Ecole de Savièse. Remplacant Beaumont, alors à Paris, à la tête de la Société des aquarellistes suisses, il partage avec lui les soucis causés à ceux-ci par les difficultés financières de leur Société.

                 Ernest Bieler   Edouard John Ravel

 

Carte postale en souvenir de l'exécution du Panorama Bourbaki.

 

Sous la direction du peintre de scènes historiques Edouard Castres (1838-1902) et avec ses amis Ferdinand Hodler, l’illustrateur Louis Dunki (1856-1915), Frédéric Dufaux (1852–1943) et bien d’autres encore, il participe à l’exécution du fameux Panorama Bourbaki. Cette très grande peinture circulaire (112 mètres sur 10) a aujourd'hui été restauré et est visible à Lucerne. Elle dépeint l'internement de la 1ère Armée française du Général Bourbaki en Suisse à la fin de la guerre franco-allemande durand l'hiver 1871 et les habitants du village de Verrières leur portant secours.

 
Edouard Castres - Après un voyage en Egypte, est également connu en tant que peintre Orientaliste.
     Louis Dunki, illustrateur et peintre de scènes militaires.
 

Frédéric Dufaux - Ami et collègue de Beaumont, il participe avec lui à la décoration du Grand-Théâtre. Toile datée du 23.09.1888.


Parmi les nombreux collègues peintres de Gustave de Beaumont, il faut faire une place à part à des amis de toujours :


 

L’artiste vaudois Eugène Burnand (1850-1921), parrain de sa fille Madeleine, envoie à Gustave des centaines de lettres témoins des liens très étroits entre les deux hommes, qui se connaissaient depuis leur rencontre dans l’atelier de Gérôme à Paris en 1875. A de très nombreuses occasions, Gustave et son épouse se rendent à Versailles à l’invitation des Girardet, beaux-parents de Burnand.

 

 



Les deux fils de l’artiste-peintre Alfred van Muyden (1818–1898), Evert (1853-1922) et son frère Henry (1860-1936). Ces deux derniers sont également les neveux d’Etienne Duval (1824-1914), lui-même proche parent de Gustave. Le peintre Léo-Paul Robert (1851-1923), le paysagiste Gustave Castan (1823-1892) et tant d’autres.

 
   

Alfred van Muyden (1818–1898) est un des fondateurs de la Société des Amis des Beaux-Arts et de la Société des peintres et sculpteurs suisses. Il est professeur à l’Ecole des Beaux-Arts et collègue de Barthélémy Menn.

Etienne Duval (1824-1914) est le neveu de Rodolphe Töpffer (1799-1846) et c'est après des études de mathématiques qu'il développe un goût pour l'art et prend ses premières leçons de dessin auprès de son oncle. Il découvre l'Egypte après un voyage en 1869, puis en 1874 et en 1883 et deviendra un peintre Orientaliste reconnu. Mécène généreux, il a légué une grande partie de ses collections au Musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH).

 
                               Afred van Muyden                          Etienne Duval - Vue d'Egypte

 
   

 

 

 

Evert van Muyden (1853-1922) est peintre animalier, graveur et illustrateur. Sa correspondance avec Gustave de Beaumont illustre une relation étroite depuis leurs années d’études tant chez Menn qu’à Paris chez Gérôme.

Henry van Muyden (1860-1936), venu sur le tard à la peinture, fait partie de l’Ecole de Savièse et est connu comme caricaturiste et paysagiste.

    Evert van Muyden - La ferme

 
 

Léo-Paul Robert (1851-1923), peintre neuchâtelois qui entretient une correspondance très suivie avec Gustave de Beaumont. Son projet remporte le concours pour la décoration du Tribunal Fédéral de Lausanne. Il est l’auteur d’un livre «La Terre Sainte».

   Léo-Paul Robert - La Florentine - 1900
 Dessin dédicacé à G. de Beaumont

 

Citons encore parmi les amis proches : Auguste Baud-Bovy (1848–1899), un autre élève de Menn, il travaille à Paris et en Espagne puis se fixe dans l’Oberland bernois à Aeschi et peint les Alpes ; son fils Daniel Baud-Bovy (1870-1958), Henri de Rodt (...) et enfin Auguste Viollier (1854-1908) dont l'amitié avec Beaumont remonte à l'époque où ils étaient encore étudiants à Paris dans l'atelier de Gérôme.

 
 

Daniel Baud-Bovy (1870-1958), acteur incontournable du monde de l'art en Suisse, il a entre autre été Conservateur du Musée Rath, Directeur de l'école des Beaux-arts de Genève et Président de la Commission fédérale des Beaux-arts. On retient son nom pour son très sérieux travail d'historien d'Art.

Henri de Rodt (...) originaire d'une famille patricienne bernoise, il effectue de nombreux voyages en Terre Sainte.

   Mot de Daniel Baud-Bovy annonçant à Gustave
 de Beaumont la mort de son père Auguste.

 Henri de Rodt - La Citadelle de Jérusalem - 1899.
 

 

Auguste Viollier (1854-1908), artiste caricaturiste, publiciste et affichiste genevois, inscrit  en 1877 à l'atelier de Gérôme, fondateur, entre autre, du journal satyrique "Le Papillon", animateur de la "Salle Thelusson".

                                             Carte imprimée d'après une caricature d'Aguste Viollier et adressée à Beaumont.
 

De nombreux autres noms d’artistes appartenant au «cercle» de Gustave de Beaumont viennent à l’esprit, notamment : Alfred Rehfous (1860–1912), Horace de Saussure (1859–1926), Jules Crosnier (1843–1917), Léon Gaud (1844–1908), François Furet (1842–1919), Edmond de Palézieux (1850-1924) et Frédéric Christol (1850-1933).

   Alfred Rehfous étudie également chez Menn puis à Paris.  Paysagiste, il fait aussi partie de l’Ecole de Savièse.  Horace de Saussure, portraitiste et paysagiste, il voyage  beaucoup à Florence, Paris et en Amérique.
 Jules Crosnier. Elève de Menn, paysagiste aquarelliste,
 Il est l’auteur d’un ouvrage sur la Société des Arts.
    

 

L’Exposition Nationale de Genève de 1896, donne à Gustave de Beaumont l’occasion de travailler aux côtés de Ferdinand Hodler, avec lequel il est très lié. Ensemble en 1890, ils avaient saisi l’opinion publique et avaient fait exhumer des caves du Musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH) les fameux bronzes de Rodin, où les foudres du Conseil Administratif qui les avait jugés obscènes, les avaient relégués.

 
   
   Esquisse préparatoire pour le Journal de l'Exposition.
 

 

Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Genève de 1904 à 1906 et de 1908 à 1913, Gustave de Beaumont a de nombreux étudiants qui au fil des années lui manifestent estime et affection.

     

 

L’un de ses élèves, Charles Clos Olsommer (1883-1966) qui lui a été envoyé par Eugène Burnand, entretient dès 1903 avec son professeur une émouvante correspondance jusqu’à la mort de ce dernier en 1922.

 
   Charles Clos Olsommer, natif de Neuchâtel, s’est d’abord
 tourné vers l’Art Nouveau puis vers le Symbolisme religieux.
 Etabli en Valais, il peint les paysages et la Nature.
 

 

Bien d’autres étudiants ont écrit à leur professeur. Pour n’en citer que quelques-uns : Emile Hornung (1883–1956), Fernand Blondin (1887–1967), William Metein (1890–1975) et Otto Plattner (1886–1951).